Clothilde, maman de coeur
« Elles m’ont apporté autant que j’ai pu donner« . Cette phrase revient souvent dans la bouche de Clothilde, qui a partagé sa vie, l’espace de quelques mois, avec deux petites Maliennes. Clothilde, qui portera les couleurs de la Chaîne de l’Espoir le 11 octobre prochain, revient avec beaucoup de tendresse sur son expérience de « maman-relais ».

Awa
Il y a deux ans, à l’aéroport, Clothilde accueille Awa, 8 ans, épuisée, le visage déformé par un névus géant. La petite fille doit se faire soigner en France et, le temps de son opération et de sa convalescence, elle va faire partie de la famille de Clothilde. Quelques mois auparavant, Clothilde a fait connaissance de la Chaîne de l’Espoir : « j’avais envie de faire quelque chose d’utile où mon mari et mes enfants pourraient être impliqués« .
Awa partage la chambre d’Anselme, le petit dernier, et, trop faible pour être scolarisée, passe tout son temps avec Clothilde qui l’accompagne et l’attend de longues heures pendant ses examens médicaux, jusqu’au jour de l’opération : » J’ai été a
utorisée à aller jusqu’à la porte du bloc pour rester avec elle, » raconte Clothilde, « elle était très angoissée, mais également tellement courageuse. C’était si douloureux, mais elle ne s’est jamais plainte« .
Après, c’est le rétablissement, et toujours beaucoup de partage : « elle me glissait des petits mots sous mon oreiller, m’appelait Maman Clothilde, tout en comprenant qu’elle avait une autre maman qui l’attendait« .Lorsqu’Awa repart au Mali retrouver ses parents, c’est un moment de tristesse, mais aussi de joie : « Il faut savoir se retirer après cette expérience pleine d’amour, ne pas prendre la place des parents« . Qui ont découvert une petite Awa transformée, prête à vivre normalement.
Mariam
Après Awa, c’est Mariam, également venue du Mali, qui est hébergée par Clothilde et sa famille. Mariam, 11 ans, a un sourire extraordinaire et un coeur « bien trop gros » qui l’empêche de mener l’existence des petites filles de son âge. « Je venais d’apprendre que mon père, qui souffrait de la même pathologie, ne pouvait être opéré. Ma rencontre avec Mariam m’a aidé à accepter et comprendre« , explique Clothilde. Comme elle l’a fait pour Awa, Clothilde s’occupe de Mariam comme de sa propre fille, la présente à ses amies, l’emmène partout, lui apprend le tricot.
Après une opération lourde, de 8h, Mariam suit une rééduction, et termine sa convalescence au sein de la famille de Clothilde. « Elle pouvait enfin danser« , se souvient Clothilde, « elle rêvait de pouvoir danser« . Depuis, Mariam continue à être surveillée médicalement car sa pathologie cardiaque n’a pas été complètement guérie, mais elle a repris sa scolarité et peut toujours danser.
Les enfants de Clothilde ont perdu deux amies très attachantes, « mais je crois qu’ils ont compris des choses : que l’on peut s’engager sans crainte, et qu’en partageant, on reçoit énormément » conclut Clothilde, » et je suis prête à refaire l’expérience« .








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